Grand emprunt, grande fumée...
Avec le grand emprunt lancé à grands renforts de communication, il pleut des milliards d'euros dont quelques 21,9 milliards d'euros iront à l'enseignement supérieur et à la recherche.
Mais ce n'est que communication.
Il n'y a que 7,7 milliards d'euros qui iront à la recherche et l'innovation. S'il l'on regarde encore de plus près, les universités ne les verront même pas car cette somme sera placée à la Caisse des Dépôts et Consignation. Seuls, les intérêts iront à la recherche, soit 300 millions d'euros par an. On passe donc de 7,7 milliards d'euros à 300 millions d'euros pour les 84 universités françaises.
La montagne a accouché d'une souris !
Mme Pécresse ne va pas distribuer ces 300 millions d'euros à tout le monde mais à seulement 5 ou 6 universités françaises, les autres iront voir ailleurs. N'y a-t-il pas mieux pour créer un climat de défiance entre universités, entre chercheurs ? C'est l'effervescence actuellement dans les labos et les universités pour monter les dossiers afin de faire remonter 20 % de projets d' "excellence" (l'excellence est le nouveau mot à la mode à l'université). Cela veut dire que les 80 autres % iront aussi voir ailleurs car ils ne sont pas excellents donc mauvais. Encore une fois, comment mettre en concurrence les équipes !
Nous conseillons d'ailleurs de lire l'article de Sauvons La Recherche sur les primes d' "excellence" pour mieux comprendre la méthode de mise en concurrence à l'université : "La prime d'excellence scientifique pour les chercheurs : 20 % de bons, 80 % de cons".
Depuis 2002, l'effort national pour l'enseignement supérieur et la recherche n'a fait que baisser car la recherche doit être rentable à court terme, donc privée.
Ce gouvernement fait apparaître dans ses discours comme prioritaires la recherche et l'innovation. Bel enfumage.
Ce sont 900 postes supprimés en 2009 à l'université. Après la mobilisation des universitaires au printemps 2009 , il n'y a pas eu de suppressions de postes pour 2010 mais il a été décidé ces jours-ci de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite au CNRS. Ce sont bien encore des suppressions de postes pour 2010 !
Alors que l'investissement dans l'école publique, l'université et la recherche devrait être massif, c'est tout le contraire que fait ce gouvernement à courte vue. Avec une hypothèque sérieuse sur l'avenir du pays...
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