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Contributions 2010

08/04/2010 23:14

Sara    

II me semble que l'élection présidentielle est un moment fort de la vie démocratique de la nation, Il n'en est pas moins vrai que l'irrésistible ascension de Monsieur Sarkozy (!) m'interroge et me parait augurer de dérives graves pour la République. C'est pourquoi cette réflexion radicale et iconoclaste de notre ami Alain Donnadieu me semble avoir beaucoup de justesse. Au sortir de ce quinquennat ravageur pour le peuple français, pour la démocratie française et pour la Nation française, il est indispensable de refonder les Institutions de la République pour que celles-ci restent toujours au service du peuple et que plus jamais, elles ne soient accaparées, confisquées par personne, fût-il président, élu par le peuple (peuple qui semble s'en mordre les doigts, mais son calvaire, notre calvaire! devra durer jusqu'en 2012, puissions-nous avoir la lucidité d'y mettre fin, à cette date!)

 

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE GREC

Par Alain DONNADIEU

Voilà ce qu'ils ont fait de l'idéal européen ! Voilà à quoi ils ont réduit l'idéal de paix et de solidarité symbolisé, au lendemain de la seconde guerre mondiale, par le plus « jamais ça » de De Gaulle et Adenauer. Voilà à quoi ils ont réduit cette journée à Verdun où Mitterrand et Kohl, main dans la main, s'inclinaient ensemble devant les morts des deux camps. Ils ont transformé l'Europe en terrain de jeu de la finance et de la spéculation dont les Etats membres sont, aujourd'hui, les proies. Ces dirigeants européens ne m'inspirent que le mépris. Et la première victime de ce misérable jeu de casino est le peuple grec qui, après avoir été laissé à la rapacité des financiers, est maintenant contraint par les états européens, eux-mêmes, à une cure d'austérité et de régression sociale comme rarement observée.

Des états européens, transformés en banquiers, voilà leur conception de la solidarité européenne ! Infâmes boutiquiers, ne vous étonnez pas si, un jour, les nationalismes réapparaissent en Europe. Car, à force d'écraser les peuples sous le joug du pouvoir de l'argent, la colère et le repli identitaire feront le jeu des partis d'extrême droite. J'enrage, depuis des jours, que mon pays participe à cette mauvaise action contre un peuple frère. J'enrage d'entendre certains dirigeants socialistes, que je ne mélange pas avec mes camarades du PS, mêler leur voix à celle de l'UMP et justifier de se comporter comme des prêteurs sur gage, pour disent-ils, sauver la zone euro. Combien de sacrifices devront consentir les peuples pour sauver la finance ? Bon sang, mais relisez les pages sombres de l'histoire de l'Europe ! Ces pages sombres ont toujours commencé de la même manière, par l'humiliation des peuples. « L'Allemagne paiera », ça ne vous dit donc rien ? Car après les grecs, à qui le tour ?

Je regrette de le dire mais nous avions raison de rejeter le Traité de Lisbonne. Nous n'en voulions pas pour éviter cela. Mais, l'infernale mécanique est, désormais, montée d'un cran. Jusqu'à présent, on dépeçait les entreprises et les industries sur l'autel du dogme de la concurrence libre et non faussée. Aujourd'hui, on charcute les Etats. Car qu'observe-t-on en Grèce ? Le port du Pirée a été cédé aux chinois. Celui de Salonique est en passe de subir le même sort au profit du Qatar. Les charognards, venus des quatre coins du monde, veulent acheter des îles et privatiser le front de mer. Et l'Europe se tait, pire, elle est complice de ce rackett généralisé où l'on se paie sur la bête parce qu'elle est à terre.

Et les gens dans tout ça ? Les grecs dans tout ça ? Ce peuple, que l'on traite à l'envi de tricheur, de truqueur, de voleur, ce peuple que l'on presse comme un citron jusqu'à ce qu'il n'est plus de jus, qui pense à ce peuple et à ce que l'on s'apprête à lui faire subir ? Alors, je sais que les beaux esprits me diront qu'il y a la réalité économique, que l'on ne peut pas creuser ainsi les déficits, qu'ils faut assainir les comptes et bla, bla et bla, bla...Je m'en fous ! Je leur laisse leurs indices, leurs courbes et leurs ratios. Moi, j'ai choisi mon camp, celui de ce peuple qui a donné au monde Aristote et Platon, Hérodote et Thucydide, Homère et Aristophane. J'ai choisi le camp de la solidarité avec le peuple grec.

Et à ces beaux esprits dont la seule culture est la lecture des échos ou de la tribune, je leur dis, « Timeo danaos et dona ferentes ! ».

LE MAL FRANCAIS

Par Alain DONNADIEU

Je suis toujours surpris d'entendre à gauche comme à droite la référence dans les discours à la République. Mais en même temps, je n'entends jamais ou presque la remise en cause de ce qui, à mes yeux, constitue ce qu'il y a de plus antirépublicain dans les institutions de la France: l'élection du président de la République au suffrage universel. Comme je l'ai été pour la peine de mort, je suis sur ce sujet un abolitionniste et je rêve, au fond de moi, d'un(e) président(e) de la République de gauche nouvellement élu(e) en 2012 déclarer le soir de son élection: « je serai le dernier chef de l'Etat, en France, à être élu au suffrage universel » et convoquer une Constituante en ce sens.

Car, tout le mal français procède de cette élection. Cette restauration monarchique de nos institutions, voulue par De Gaulle en 1958 et consacrée en 1962, doit être, une fois pour toutes, déposée. Je ne sous-estime, en rien, les difficultés de la tâche, même l'auteur du « coup d'état permanent » n'a pas résisté à revêtir les habits du monarque. Mais, comme les hommes, les institutions ont leur logique et l'élection du président au suffrage universel conduit à une triple conséquence:
  • L'affaiblissement continu du Parlement.
  • L'élimination progressive des contre-pouvoirs.
  • Le passage d'une démocratie représentative à une démocratie d'opinion avec sa dérive plébiscitaire.
Par ailleurs, si le peuple est le souverain, il a besoin d'un gouvernement pas d'un monarque, même si ce monarque procède de l'élection. Pour un républicain, la monarchie élective n'est pas plus admissible que la monarchie héréditaire. Elles sapent toutes deux les principes de la République. Pire, cette monarchie élective conduit, lorsque le monarque est sourd, le peuple à se détourner de la vie de la cité en exprimant son désintérêt pour la res publica en se réfugiant dans l'abstention. Je voudrais verser au débat un argument qui me paraît de ce point de vue particulièrement éclairant. En 2005, le peuple est convoqué par le monarque pour ratifier le Traité Constitutionnel Européen. A l'issue d'un débat qui a traversé tous les courants politiques, le peuple s'est exprimé et a dit qu'il n'en voulait pas. Je ne juge pas ici les raisons de son vote, je constate simplement l'expression de sa souveraineté. Cinq ans plus tard, le monarque dit au peuple, en substance, vous vous êtes trompés, vous n'avez rien compris, rebaptise le même texte en Traité de Lisbonne et contraint les parlementaires à lui faire allégeance et à l'adopter en Congrès. D'un coup d'un seul, événement sans précédent, le monarque bafoue à la fois la souveraineté démocratique du peuple et les principes de la République. Et bien, j'affirme, ici, que pareil dévoiement démocratique et républicain tire sa source dans la dérive monarchique de nos institutions. Par ailleurs, avec l'adoption du quinquennat et l'inversion du calendrier pour les élections législatives, désormais, toute notre vie politique procède d'une seule élection, celle du monarque. Les élections intermédiaires sont réduites à de simples éructations du peuple sans conséquence, nous le voyons bien, sur la définition des politiques publiques. Ainsi, pas à pas, la France imperceptiblement à restaurer ce que le constituant de 1791 avait cru extirper à jamais de nos institutions. J'entends des voix s'élever à gauche pour appeler à bâtir un nouveau pacte républicain. Si ces voix sont sincères, elles doivent dire alors que cette nouvelle République, que j'appelle de mes voeux, ne pourra être édifiée que sur un nouveau régicide symbolique: l'abolition de l'élection du président de la République au suffrage universel.

10/05/2010 14:26

Dubinsky Monique 
Bien sur, comme autrefois "le peuple est toujours perdant". Qu'il soit européen, français, grec, qu'il soit américain, qu'il soit africain. Que le secteur de la finance domine le monde de la manière la plus opaque et apparemment absurde ne fait secret pour personne. Qu'il faut le déplorer c'est certain.

Mais il ne suffit pas de refuser et de jetter aux orties ce qui ne nous convient pas.
Il faut tenter de comprendre au-delà des apparences, des mythes, des déclarations officielles les mécanismes complexes qui conduisent à la faillite de tous pour l'intérêt de quelques uns.
Ceux qui au PS pourront identifier et expliquer clairement,de façon compréhensive pour tous, ce qui est réellement à l'oeuvre et donner les moyens de changer de cap dans l'ensemble des pays européens rendront de grands service à l'humanité. Ils pourront aussi sans doute conduire le parti à la victoire aux prochaines élections. 

 

Le rapport annuel sur la peine de mort dans le monde en 2009

Chaque année, il existe des évènements que l'on attend avec impatience. Pour certains, c'est le beaujolais nouveau, pour d'autres, dont je fais partie, c'est le rapport annuel d'Amnesty International. Je concède, volontiers, que la comparaison est osée. C'est une nouvelle occasion pour moi de faire le point sur l'état de la peine de mort dans le monde en 2009 à l'attention des lecteurs du blog de Christophe Castaner que je remercie sincèrement de m'ouvrir ses pages sur ce sujet dont je ne cesserai jamais de parler. Il montre, s'il en était besoin, qu'aux yeux de notre nouveau vice-président du Conseil Régional, la question est d'importance.

Pour les abolitionnistes, le fait que l'on pratique une seule exécution capitale suffit à ne jamais baisser la garde. Mais, je commencerai mon propos par des bonnes nouvelles.
En 2009, aucune condamnation à mort n'a été pratiquée sur tout le continent européen. Cette bonne nouvelle est ternie par le Bélarus, anciennement Biélorussie, qui a exécuté deux personnes en mars 2010. Il serait, peut-être, temps que l'Union Européenne pèse de tout son poids politique et économique sur ce pays pour le contraindre à adopter la loi commune. Mais, il est vrai qu'elle est plus prompte à asphyxier le peuple grec.
Autre bonne nouvelle, elle nous vient de l'Asie. L'année 2009 n'enregistre aucune condamnation à mort en Afghanistan, Indonésie, Mongolie et Pakistan.
En Afrique noire, vous savez le continent dont Sarkozy a dit à Dakar, sous la dictée de son nègre, que son drame était que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire », on enregistra une seule condamnation à mort au Botswana. Une de trop, oui ! Mais, l'Afrique noire avance sur le bon chemin.

Il est, donc, incontestable que l'on progresse sur la voie de l'abolition universelle. Mais parmi les 58 pays qui maintiennent la peine de mort dans leur législation, on a continué à pratiquer ce crime d'état. Et pas n'importe comment ! On a décapité, on a électrocuté, on a pendu, on a pratiqué des injections létales, on a tué par balle, on a lapidé. Car, c'est cela, la réalité de la peine de mort dans le monde. En Arabie Saoudite, ce pays que les puissants ménagent parce qu'il a du pétrole, on a décapité 69 personnes en public et parmi les 69 assassinés légaux se trouvaient deux mineurs. En Iran, on exécuta 388 personnes dont 112 dans les 8 semaines qui suivirent l'élection présidentielle de la marionnette des fous de Dieu. L'Irak en tua 120, apparemment, les bombes de la coalition et les attentats ne lui suffisaient pas. Les Etats Unis en exécutèrent 52 tout en innocentant et libérant 9 condamnés à mort qui ont passé , à eux neuf, un total de 121 ans de prison. Et, que dire du cas d'Hank Skinner au Texas, où l'on fit subir à un homme cette terrible épreuve où la barbarie s'ajoute à la barbarie en suspendant son exécution 45 minutes avant de percer ses veines de l'aiguille fatale. Je veux dire aux idolâtres d'Obama et à ceux qui reprirent en coeur le « Yes, we can » que je me joindrai à eux, avec plaisir, le jour où Obama s'engagera à abolir la peine de mort dans son pays.
Mais, il y a pire. La Chine, le Belarus, l'Iran, la Mongolie, la Corée du Nord et le Vietnam pratiquent, au mépris des lois internationales qui régissent la question, le secret sur la peine de mort. Si bien qu'il est impossible de savoir combien d'exécutions capitales ont été pratiquées en Chine. Selon le rapport d'Amnesty International, la Chine a procédé à plus d'exécutions que dans tout le reste du monde, au moins 2001 exécutions selon le rapport, sans être pourtant certain du décompte macabre. Mais, a t-on encore le droit de dire que la Chine est un état meurtrier ? Non bien sûr ! Imaginez un marché de plus d'un milliard et demi d'habitants, ça se cajole. Il arrive même que l'on conclut des accords avec les bourreaux. Pas vrai, Xavier Bertrand !

Allez, amis lecteurs et camarades de gauche, j'arrête là car je sens que mon esprit s'échauffe. Les choses avancent et c'est bien là, l'essentiel.

Ceux qui ne bougent pas ne sentent plus leurs chaines...

par : Le citoyen révolté

Chers amis,
Je sais, c'est dur de se mettre les yeux en face des trous, mais dès que vous appellerez un chat un chat, ça ira nettement mieux et vous réaliserez sans effort ce qui suit.

La culture en France est en grand danger : la réforme des collectivités territoriales, votée il y a peu de temps par le gouvernement, sans aucune consultation et malgré bien des pétitions, va mettre à genoux la plupart des ressources nécessaires à la vie culturelle, mais pas seulement.

Cela touchera bien des domaines, associatifs, sportifs, l'aide aux personnes âgées, aux handicapés, les équipements, la sécurité, la santé,  les services de proximité,  en fait, notre vie quotidienne... On va retourner 40 ans en arrière.

C'est la disparition progressive de nos communes au profit d'une gestion totalitaire et centralisée, c'est tout simplement la mort annoncée de la démocratie participative.
Nous connaissons « l'amour immodéré » de notre président pour la culture, aussi sera-t-elle sans  nul  doute  la  première visée, et c'est  très grave, car n'oublions pas que c'est le premier rempart contre l'ignorance, la médiocrité et l'ennui.

Allons-nous encore longtemps supporter toutes ces injustices ?

C'est la liberté qu'on écrabouille, mais oui madame, le gouvernement vient de voter la loi Loppsi 2 dans l'indifférence générale, fourre-tout liberticide, florilège de lois et décrets invraisemblables, populistes à souhait.
Parmi ces dispositions scélérates, une est particulièrement gratinée : le gouvernement et l'Élysée s'autorisent à filtrer et surveiller Internet sans l'avis d'un juge. C'est trop « space » ma chère ! On n'arrête pas le progrès : tous les dictateurs en ont rêvé, Sarkozy l'a fait.

Et quelle réjouissance, ce racisme détestable qui se banalise tranquillement autour de nous... Quel pied !
Notre gouvernement est merveilleux :
Condamné deux fois par la justice, et sous le coup de la loi pour avoir soutenu publiquement des policiers coupables et condamnés pour faux témoignage et tabassage d'un homme à terre,  sans défense - faux témoignage qui aurait pu entraîner la perpétuité pour l'homme en question - monsieur Hortefeux, sinistre de l'intérieur sera maintenu à son poste par le président Sarkozy, du jamais vu depuis l'avènement de la république,  et ce, pour la seule et bonne raison qu'il est le serviteur zélé qui sera chargé de « surveiller » le « bon fonctionnement » des élections présidentielles en 2012. C'est pas génial, ça ? Si vous ne tombez pas de l'armoire, c'est que... Non je n'ai rien dit.

Enfin une bonne nouvelle, le gouvernement vient d'annoncer une augmentation de 66% du revenu moyen des agriculteurs pour 2010, si vous ne tombez pas une deuxième fois de l'armoire...Non, je n'ai toujours rien dit.
Il n'est peut-être pas trop tard pour refuser tout ça. En 2012, le moment sera venu, ça dépendra de notre choix, de notre désir de vivre autrement, de partager peut-être ce qu'il y a de mieux en chacun de nous.

Il faudra alors vraiment savoir ce qu'on veut ! Ne venez pas pleurnicher après ! Pourquoi ne pas essayer, alors, ça ne coûte rien de changer un peu l'air de la cambuse...

Parlons-en autour de nous, c'est déjà pas mal, c'est déjà même beaucoup !

Pour finir, juste cette petite phrase de Rosa Luxembourg, elle est très courte, mais ça déménage, j'espère que vous  la retiendrez : « Ceux qui ne bougent pas ne sentent plus leurs chaines ».
C'est pas évident, mais je suis quand même optimiste, un monde meilleur doit être possible, je le crois, l'humanisme n'est pas un luxe ni un exotisme intellectuel, c'est à la portée de tous.
Voilà... Ne m'en voulez pas trop, mais j'avais très envie de vous dire tout ça, question de finir l'année en beauté.

Meilleurs vœux à tous !

                                                          Le citoyen révolté   

1er P.S. : je vous signale un très bon tout petit livre qui ne coûte que 3 €, mieux qu'une carte de vœux : Indignez-vous de Stéphane Hessel, chez Indigène édition.

2e P.S. : la loi LOPPSI 2, loi liberticide dans le style du « Patriot Act » américain mis en place par Bush. Pour tous renseignements taper Loppsi 2 sur votre moteur de recherche et si vous le désirez, une pétition est ligne contre cette loi, cliquez sur le lien ci-dessous, si le cœur vous en dit.

http://www.petitionenligne.fr/petition/contre-loi-loppsi-2/412

LA REPUBLIQUE EXEMPLAIRE !

Par Alain Donnadieu

Vous vous souvenez de Nicolas Sarkozy, durant la campagne pour l'élection présidentielle, il voulait la République exemplaire.

A ce moment-là, je m'étais dit qu'il faisait, sans doute, référence à son prédécesseur et aux affaires dans lesquelles la droite était empêtrée et dont manifestement elle n'est pas encore sortie. Je m'étais dit, malgré mon anti-sarkozysme primaire, secondaire, tertiaire et tout ce qui finit par faire que peut-être, sur ce point, le nouveau président allait tenir ses promesses.

 Et puis, aie, premier accroc, voilà que notre président tente de catapulter sa descendance à la tête de l'EPAD. Levée de boucliers, accusation de népotisme, rétropédalage, les choses rentrent dans l'ordre. Bon, mon esprit charitable considère sur le moment que l'hôte de l'Elysée a eu un petit coup de mou bien compréhensible, eu égard au poids de la fonction et que cela ne remet nullement en cause sa volonté de favoriser l'exemplarité républicaine.

Et puis, patatra ! Oh, désillusion ! Voilà qu'une série de petits évènements rattrape notre président par le bord du short quand il fait son jogging. Et voici que mon mauvais esprit remonte à la surface.
Tout pourrait commencer comme un conte pour enfants...

IL ETAIT UNE FOIS, un président à l'esprit facétieux qui nomma un parlementaire, qui jusqu'alors l'éreintait, au ministère du budget. C'est dire s'il n'est pas rancunier. Le hic, c'est que ledit ministre, l'affable François Baroin, partage notoirement la vie d'une célèbre comédienne, qui outre le talent, présente la caractéristique d'être une évadée fiscale. De crainte que cela fasse un peu tâche sur le tableau, voilà que l'impétrant rapatrie, en urgence, sa belle, érigée pour l'occasion en symbole de la réussite de la politique gouvernementale en matière de réintégration dans le bercail des brebis fiscales égarées.

IL ETAIT UNE FOIS, un président soucieux de la cause étudiante qui mit à la disposition d'une étudiante nécessiteuse un logement étudiant estampillé du sigle de la république et qui poussa la grandeur d'âme de pas la laisser en proie aux dangers de la capitale en permettant à son papa de loger avec elle. Il est vrai que mademoiselle Estrosi, originaire de Nice, est très appréciée du voisinage qui loue sa discrétion et que le papa, Christian de son prénom et accessoirement ministre de la République a pu se prévaloir de revenus à la lisière du seuil de pauvreté pour, ainsi, justifier l'octroi de ce logement à sa fille et dont les journalistes ont pu constater de visu les dimensions, somme toute modestes.

IL ETAIT UNE FOIS, un président, conscient de la difficulté de l'accès au monde du travail, qui a autorisé cet homme de 41 ans, en situation de précarité, répondant au nom de Pierre Bachelot d'accéder à la responsabilité de chargé de mission au sein de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé, établissement public placé sous la tutelle du ministère de la santé dont maman Roselyne à la charge. Selon des sources encore tenues secrètes, ladite Roselyne Bachelot s'appliquerait, depuis plusieurs semaines, à l'écriture d'un essai consacré à l'art encore controversé du népotisme.

IL ETAIT UNE FOIS, un président, ouvert aux difficultés des banlieues, qui décida de prendre sous son aile protectrice les membres d'une famille défavorisée. Après avoir casé la soeur, la petite Fadela, à la tête d'un sous-ministère qui ne sert à rien pour lui permettre de profiter des vertus de la méritocratie républicaine et des revenus y afférents, voilà qu'il poussa la grandeur d'âme, en logeant toute la fratrie dans une modeste masure, appartenant à la république, de 120 m2 donnant sur la Tour Eiffel avec cuisinier et maître d'hôtel. La famille Amara, un gênée aux entournures par tant de sollicitude, jure au grand dieu que la masure n'est pas occupée de façon permanente. Ah, c'est juste un pied à terre, donc, nous voilà complètement rassurés.

IL ETAIT UNE FOIS, un président, hissant les valeurs de l'amitié au plus haut, qui gratifia son ami Brice, du poste de ministre de l'intérieur, dont ce dernier avait toujours rêvé. Mais, voilà que notre sémillant originaire d'Auvergne vient d'être condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour injure raciale. C'est alors, que pour notre président, le dilemme devient cornélien. On retient son souffle. L'ami sera-t-il sacrifié sur l'autel de l'exemplarité républicaine et contraint à la démission ? Le suspense est intenable. Que nenni, l'amitié est plus forte que tout. Et puis, Brice a fait appel avec de bonne chance de voir le jugement infirmé. C'est vrai, l'injustice est trop grande pour ce pauvre Brice, condamné pour injure raciale envers les auvergnats alors que ce n'est même pas une race. Encore l'oeuvre de juges crypto-marxistes. Rassurez-vous, on va débarrasser les tribunaux de cette racaille.

IL ETAIT UNE FOIS, le petit robert illustré, EXEMPLAIRE, adjectif. Qui peut servir d'exemple...


VIVE LE FOOTBALL !

Contribution d'Alain Donnadieu

Vous n'avez pas senti, depuis quelques jours, que quelque chose avait changé en France ! Le chômage repart à la hausse, c'est pas grave ! Les entreprises continuent de faire faillite, peccadille que tout cela ! L'austérité commence à se généraliser dans tous les secteurs de la vie collective, on s'en fout ! Les droits sociaux reculent sur l'autel de la rigueur budgétaire, arrêtons de nous plaindre ! Tout cela n'est rien au regard de l'extraordinaire nouvelle qui s'est abattu sur notre pays comme le saint esprit sur le peuple chrétien: la France va organiser l'Euro 2016 de football.

Peuple de France, réjouis-toi, tu n'auras, peut-être, pas de pain, mais tu auras les jeux !

Ah le football, quelle magie ! Et puis, Sarkozy nous l'a dit « le sport, le football est une réponse à la crise ». Façon habile et détournée d'annoncer au peuple, pourtant tout à sa joie, que la crise allait durer au moins cinq ans. Et oui, 2016...Mais, je m'incline devant ce nouvel opium du peuple. Imaginez, le bonheur renversant qui s'emparera de nous lorsque nous verrons sortir d'une terre stérile de nouveaux stades. J'en salive par avance, j'ai commencé à faire le plein de bière et de chips ! Et puis, en attendant, il y a la coupe du monde. Période bénie des dieux où tout gouvernement a l'occasion de faire passer, en douce, les contre-réformes les plus rétrogrades, son peuple ayant l'esprit occupé ailleurs.

Mais tout ceci est secondaire. Et puis, le football, quelle catharsis ! Quelle libération ! Pensez, on y peut exalter la fierté nationale, exprimer avec raffinement les vertus de l'identité nationale en comparant, en toute impunité, les joueurs noirs à des singes, où l'imagination créatrice trouve son expression dans des chants aux refrains simples mais néanmoins festifs sous couvert de « Oh, hisse, enculé ! » ou «  Italiens, j'ai niqué ta mère ! ».

Ah, le football, quelle bénédiction pour un gouvernement qui a décidé de casser en mille morceaux un modèle social qui refuse de laisser crever, sur le bord du chemin, une partie de sa population. C'est, sans doute, un pur hasard, si le gouvernement Fillon a décidé de faire examiner et adopter en commission parlementaire sa « réforme des retraites » durant le mois de juillet. Et alors, si déjouant tous les pronostics, l'équipe de France faisait une performance en Afrique du Sud, il pourrait même demander à Besson d'accélérer le processus d'expulsions des « indésirables » en profitant de l'effet hypnotique propre à ce genre de compétition.

J'entends déjà la réprobation. Quel rabat-joie ! Quel esprit grincheux ! Quel con, ne pas aimer le football ! Il est vrai que mon athéisme un brin viscéral m'interdit d'embrasser le culte de « ces nouveaux dieux de l'ère moderne ». Et j'avoue que depuis avoir vu les images des Jeux Olympiques de Berlin en 1936, je me méfie de ces grandes kermesses, qui derrière la sublimation des valeurs du sport, ont un tout autre objectif. Alors bien sûr, comparaison n'est pas raison, aucune délégation ne défilera devant le président sud-africain le bras tendu mais je m'étonne toujours de voir les gouvernants chavirer d'enthousiasme, s'embrasser à l'envi, à l'annonce de l'organisation d'une compétition sportive. Il doit bien y avoir une raison !

Et puis, je me souviens, au lendemain de la victoire de l'équipe de France de football en 1998, l'érection de ces nouveaux totems à l'effigie de « la France black, blanc, beur », qu'en reste-t-il douze ans plus tard ?

Ne voyez, dans ce billet d'humeur, aucun jugement moralisateur à l'égard des supporters de football.
Ils ont bien le droit de communier ensemble comme j'ai le droit de ne pas appartenir à leur religion. J'ai même envie d'avoir, à la veille de ce début de mondial, une pensée pour eux...pour les supporters irlandais.

18/06/2010 17:49

Sara
Il n'y a qu' à voir comment les dictatures les plus détestables se servent du foot pour exciter tous les bas instincts de haine et de discorde entre les peuples. J'en veux pour exemple les matchs récents entre L'Algérie et l'Egypte...
Il n'y a qu'à voir comment la FIFA s'accapare tous les bénéfices des produits dérivés de la Coupe du monde, en interdisant aux petits commerçants sud africains de profiter un peu de cette aubaine, à coup de procès scandaleux...
Il n'y a qu'à voir la morgue des joueurs de l'équipe de France, de son entraineur et de ses dirigents...
Le foot à la sauce de la mondialisation la plus hideuse, n'est plus que des jeux pour certains, des miettes de pain pour d'autres, et beaucoup de fric et de corruption des esprits pour les profiteurs du système. Et on n'est pas rabat-joie, cher Alain, quand on dit cela.

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