J'ai aimé passionnement Le discours d'un roi car on peut autant y voir une touchante réflexion sur le surpassement de soi qu'une parabole universelle sur la communication (la difficulté de chacun à se faire comprendre du plus grand nombre).
Au-delà des implications politiques, le règne de George VI surgit au moment où la radio devient un média de masse aussi fédérateur que perfectible. Les dialogues brillamment écrits jouent sur la richesse du langage et un humour que seuls les anglais savent gérer, en laissant sous-entendre qu'il est possible de dire beaucoup avec peu de mots.
Ces échanges n'auraient pas une telle intensité sans deux acteurs remarquables qui se mettent mutuellement en valeur : Colin Firth en figure royale respectée, pourtant envahie par différentes angoisses (décevoir ses enfants, devenir la tâche de sa famille) et complexée par l'art rhétorique de ses ennemis (Hitler, manipulant une population par sa poigne dictatoriale), face à Geoffrey Rush, en thérapeute de l'ombre, chef d'orchestre dévoué qui n'a plus les mots pour avouer son admiration secrète. Le scénario, aussi délicat et subtile qu'un morceau de musique interpretté par Jean Guihem Queyras, transcendé par une mise en scène sensible qu'un battement de cœur.
Le jeu d'acteurs et une camera royale accompagnent les différentes émotions (la solitude, la nervosité, l'oppression, la plénitude).
La dernière partie du Discours d'un roi, proche de l'exaltation lyrique, ressemble à une récompense, faisant presque oublier l'austérité de tout ce qui a précédé.
En ce moment dans les salles, notamment au Bourguet à Forcalquier...