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17/07/2010 14:20
Mathieu Mauriès
J'ai découvert dans votre dernière lettre mention du "Plan d'Action Caprin" élaboré dans les Alpes de Haute Provence. Ce plan a été mis en avant par diverses organisations agricoles et de développement pour aider les installations dans le secteur caprin. La réalité est qu'un seul éleveur a pu réellement s'installer dans ce cadre et que les autres, mentionnés dans le bilan de cette opération, ont simplement été récupérés car ils se seraient installés de toute façon, ce qui a été mon cas. Après 5 ans je cesse mon activité d'éleveur caprin devant les innombrables difficultés que je rencontre notamment avec les services publics français qui enterrent les éleveurs sous des tonnes de contraintes ...
Il y a 5 ans une fromagerie s'est ouverte sur Valensole et 4 éleveurs caprins laitiers du département dont moi lui ont apporté la matière première. Aujourd'hui cette fromagerie a cessé son activité de même que 3 des 4 éleveurs qui lui livraient leur lait. Personne ne nous a apporté le moindre soutien lorsque par exemple le problème de la collecte s'est posée. Beaucoup d'énergie et de bonnes volontés découragées, des éleveurs ruinés, pour un plan d'action caprin qui se révèle être juste une vaste fumisterie. Evitez de citer cette action comme un exemple car c'est vraiment loin d'être le cas ! Bien cordialement, un ex-éleveur caprin des Alpes de Haute Provence.
L'année 2003 a été marquée par la reconnaissance officielle de l'AOC Banon, un grand pas pour notre territoire et ses hommes qui façonnent ce fromage depuis des décennies avec passion. Les territoires, la communauté de communes Pays de Forcalquier-Montagne de Lure et celle du Pays de Banon, décident de s'associer et de travailler main dans la main avec les acteurs du monde agricole, la FRECAP notamment pour conduire une expérimentation.
Nous voulions que cette action soit toute à la fois concrète, novatrice, partenariale et transférable. Surement, avons-nous été très ambitieux et un peu rêveur ? Il me semble que ce sont des qualités quand on se lance dans un nouveau projet pour notre territoire.
Dès les premiers mois du plan d'action caprin, nous avons constaté combien la filière était fragile mais, tout en considérant cela et conscient de nos capacités limitées, nous avons souhaité poursuivre ce projet. Le bilan du projet est globalement positif car il a permis des installations ou confortations d'éleveur, certes le bilan chiffré n'est pas élevé mais on peut aussi se dire que l'action a aidé quelques personnes. L
e plan d'action caprin a permis aussi d'être le support de réflexions globales sur la mobilisation du foncier agricole. Il a été aussi un support pédagogique pour les élus locaux et les différents acteurs agricoles. L'image du chevrier a changé dans les yeux de ces personnes. Le plan d'action caprin a montré aussi ses limites en reposant beaucoup sur les territoires et leurs financements, notamment en matière d'animation. Nous souffrons nous aussi du désengagement de l'Etat sur un certain nombre de dossier, dont celui de l'élevage.
Vous trouverez ci-apres le bilan dressé de ce projet qui fut riche d'enseignements même si les réalisations concrètes n'ont pas été aussi importantes que celles espérées.
Sachez que je comprends votre désarroi d'avoir vu votre troupeau disparaitre après une succession de mésaventures et autres difficultés.
J'essaie d'œuvrer pour l'agriculture de notre région, et tout particulièrement du Pays de Forcalquier - Montagne de Lure... mais l'exercice est difficile et, moi aussi, je me sens parfois un peu seul et désemparé mais je poursuis mon action avec conviction parce que aussi infimes soient les résultats, ils sont là et nous poussent à continuer.
Christophe Castaner
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